A l’horizon 2025, plusieurs millions de véhicules électriques branchés sur le réseau

Par Julie Rédactrice animatrice du blog
voitures electriques

voitures électriques branchées au réseau

En route pour une vision d’expert sur l’avenir et les véhicules électriques. Quel serait l’impact de cette nouvelle source de consommation française d’électricité  ? Jacques Batut, spécialiste des réseaux intelligents et des véhicules électriques à RTE, nous explique.

Au-delà des lignes : Quel changement représente l’arrivée des automobiles électriques pour le système électrique français ?

recharge de voiture électriqueJacques Batut : Concrètement, lorsqu’on branche son véhicule électrique (sur la prise de son garage ou sur une borne dédiée) pour le recharger, on soutire de l’électricité du réseau.
L’impact de cet usage se lit notamment sur la courbe de consommation d’électricité française, qui permet de visualiser à un instant donné, la consommation de tous les usages électriques raccordés au réseau.

A long terme, d’après une étude de RTE sur les impacts de cet usage (détails en bas de page) , on observe que :

  • à l’horizon 2020, 1 million de véhicules électriques ne posera pas de problème majeur pour le réseau,
  • avec un parc potentiel de 4,5 millions d’automobiles en 2025, il restera un défi à relever sur le réseau pour passer certains jours de pointe.

Globalement, une condition sera nécessaire à l’intégration massive de véhicules électriques en France : il faudra majoritairement recharger leurs batteries en dehors des périodes de pointe.
En fait, vers 19h-20h en hiver, les citoyens rentrent chez eux et consomment davantage d’électricité pour leurs besoins domestiques. Si à ce moment-là ils rechargent aussi leur véhicule, nous prévoyons, un impact sur la courbe de consommation d’électricité, avec des pics encore accentués à l’heure de pointe.
Notamment pour 2025, il faudra s’assurer que le système électrique puisse faire face à ces pointes de consommation.

Au-delà des lignes : Et sur la consommation d’électricité annuelle du pays, quel est l’impact ?

J.Batut : A l’horizon 2025, l’entrée de nombreux véhicules électriques dans le parc français, aura un impact faible sur la consommation globale annuelle : quelques terawattheures* (soit environ 1,5% de l’énergie électrique totale consommée en un an). Au final, des précautions sont à prendre comme éviter l’augmentation de la pointe, mais il est possible d’intégrer un grand nombre de véhicules électriques en France.

Au-delà des lignes : Comment relever le défi de 2025 pour minimiser l’impact sur la courbe de consommation d’électricité ?

J.Batut : Plusieurs solutions, à l’étude aujourd’hui, sont envisageables.

  • Le fournisseur d’électricité incite l’automobiliste à recharger ses batteries pendant les heures creuses de la nuit. Cela lui coûte moins cher, et cela évite aussi l’augmentation de la pointe de 19h-20h. C’est ce qui existe déjà, avec les tarifs « heures pleines / heures creuses », qui permettent de démarrer automatiquement des chauffe-eau la nuit.
  • Un opérateur gère à distance la recharge d’une partie des véhicules. A partir des informations collectées sur leur état de charge et les besoins des utilisateurs (« je souhaite que mon véhicule soit chargé pour partir demain à 6h »), il envoie l’ordre de recharger chacune des voitures, de sorte de répartir au mieux la consommation totale d’électricité.

Au-delà des lignes : Pourra-t-on aussi utiliser la batterie électrique comme moyen de stockage ?

J.Batut : Du point de vue de RTE, s’il y a un service nouveau qui arrive, pourquoi ne pas s’en servir ?

  • Il faut que le service ait un coût compétitif par rapport aux autres.
  • Techniquement, les fabricants de batterie voient l’utilisation de celle-ci comme moyen de stockage, à assez long terme. Actuellement, ils constatent encore une usure prématurée de la batterie, engendrée par son rechargement et déchargement continuels.

Au-delà des lignes : Des véhicules électriques aux réseaux électriques intelligents, quel pas reste-t-il à franchir ?

J.Batut : A l’avenir, les batteries, comme moyen de stockage, permettront un pilotage plus intelligent de la charge électrique sur le réseau. C’est ce que l’on appelle le Vehicule-to-Grid (V2G).
En fait, grâce aux nouvelles technologies, la voiture électrique pourra échanger des informations avec le système électrique. Ainsi, ce dernier pilotera les batteries à distance, et les utilisera au moment opportun comme source d’énergie ponctuelle.
avenir reseaux intelligentsCette utilisation « intelligente » des batteries contribuera à l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité en France. Cela dit, ce projet nécessite encore plusieurs années de recherche pour se concrétiser.

Unités de mesure : * 1 TWh = 1 terawattheure = 1 milliard de kilowattheures

 

 

En savoir plus :

Et aussi : Les véhicules électriques de demain, par la Commission de Régulation de l’Energie

A propos de l’étude RTE sur l’intégration des automobiles électriques en France
Pour observer quels pourraient être les impacts sur la courbe de consommation d’électricité d’une arrivée massive de véhicules électriques en France, RTE a établi différents scénarios. Ceux-là simulent le comportement de tous les véhicules électriques selon différentes hypothèses.
Pour cette étude, RTE s’est appuyé sur les données suivantes :

  • les statistiques d’usages actuels des véhicules (nombre de kilomètres parcourus par jour, distribution des trajets des particuliers, etc.).
  • le foisonnement des usages (tout le monde ne part pas à la même heure le matin, ni ne revient exactement au même moment en fin de journée).
  • le type d’utilisation des véhicules électriques (usages professionnels ou usage privé, notamment pour les trajets domicile-travail).
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7 commentaires pour “A l’horizon 2025, plusieurs millions de véhicules électriques branchés sur le réseau”

  1. Bonjour
    Quelle puissance sera consommée pour recharger un véhicule?
    iL SERAIT SOUHAITABLE QUE LA PRISE DE COURANT DE RECHARGE soit équipée d’un petit programmateur, afin de recharger en période favorable.
    Cordialement

    [Répondre]

    Bonjour René,

    Effectivement, un des enjeux des voitures électriques est de gérer la recharge de leur batterie.

    La manière la plus courante sera la recharge dite « lente » : celle-ci se fera la nuit avec une puissance de 3 000 Watts (soit l’équivalent d’un chauffe-eau électrique).
    Les bornes de recharge dites « rapides » seront moins nombreuses et d’une puissance de 15 000 Watts pour la plupart. Dans un futur plus lointain, elles atteindront une puissance de plus de 40 000 Watts.

    A l’avenir également, les systèmes électroniques de recharge installés dans les véhicules électriques seront “intelligents”. Ils permettront notamment de programmer les recharges des batteries, par exemple aux moments où l’électricité est la plus disponible sur le réseau et la moins chère.

    Julie

  2. Pourra-t-on aussi utiliser la batterie électrique comme moyen de stockage ?

    Bolloré vient d’annoncer que ses batteries LMP, après utilisation dans les véhicules, auront une deuxième vie dans les applications stationnaires. Un moyen d’amortir le coût des batteries sur une plus longue durée.

    En effet, si les voitures électriques ont besoin de batteries offrant le maximum de capacité pour le minimum de poids, ce critère devient secondaire pour du stockage stationnaire.

    http://www.enerzine.com/14/11172+bollore-vise-40000-batteries-lithium-metal-polymere-an+.html

    [Répondre]

    Bonjour éric et merci pour l’info!

    Les recherches sur les batteries de stockage continuent…

    A venir sur le blog, l’avis de REE (Red Electrica de Espagna, gestionnaire de réseau espagnol) sur les solutions à envisager pour développer des voitures électriques… Il y sera également question de possibilités de stockage d’électricité et de batteries.

    Julie

    NB : Thierry vous salue bien cordialement.

  3. Bonjour Julie.

    La question que je me pose est la suivante: Et l’Afrique dans tout ca…

    Nous manquons deja de l’electricite pour nos menages et pour nos industries, en trouverons nous pour les vehicules?

    Je me rejouis tout simplement du fait que, avec ces vehicules electriques, la planete se portera mieux.

    NGOUNE ( Mon clavier est Anglais SVP…)

    [Répondre]

  4. Bonjour julie
    je rreviens sur le blog pour encourager tous ceux qui nous font partager leurs idées.
    Nous sommes confrontés à un problème de gestion de l’vironnnnnnnnnet surn ines HTB ca es oiseaux fotdes nids sr les pinces d’alignement et sur la poutre de certains pylônes.
    Dernièrement,un serpent en quête d’oisignon a courcicuité la chaîne d’isolateur sur un pylône d’une ligne 225 KV.
    Concé mort sur la chaîne,la ligne est rstée hors tension,le temps qu’on fasse la recherche de défaut et qu’on l’enlève.
    faut-il face à ce désagrément enlever ssytématiquement tous les nids sur nos pylônes ou y a-t-il moyen de disuader les oiseaux à s’y poser?
    salutations

    [Répondre]

  5. Excellent article qui fera référence, surtout venant de RTE. Une gestion intelligente de ses batteries disponibles est sans doute l’aide au passage de la pointe comme évoqué dans l’article. Au prix du kWh sur le mécanisme d’ajustement aux heures de pointe l’hiver, (http://www.rte-france.com/fr/nos-activites/notre-expertise/equilibre-offre-demande/le-mecanisme-d-ajustement) et vu que la centrale utilisée en marginal est non seulement la plus chère mais aussi celle qui pollue le plus, l’usage du vehicule to grid est sans contexte une opportunité à développer.

    [Répondre]

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