EcoWatt : les jeunes bretons sensibilisés aux économies d’énergie

Par Julie Rédactrice animatrice du blog

Animation EcoWatt à l'éco-école Saint-Jospeh de Grand Champ (Morbihan) © Lynda Berlat

L’ « Eco-Ecole » Saint-Joseph de Grand-Champ (Morbihan) organise des animations pour sensibiliser ses collégiens aux économies d’énergie. Cette année en particulier, avec le kit « défi EcoWatt », les élèves ont découvert l’alimentation électrique de la Bretagne et les bons gestes pour économiser l’électricité. Sophie Le Carour, professeur de Physique-Chimie, nous en parle.

Au-delà des lignes : Le Collège Saint-Joseph de Grand-Champ (Morbihan) a obtenu le label d’ « éco-Ecole » en 2009. Qu’est ce que cela signifie ?

Sophie Le Carour : Depuis plusieurs années, avec des collègues, nous sensibilisons nos élèves au développement durable. Chaque année, nous choisissons un thème pour guider nos activités. Il y a quatre ans, nous nous intéressions aux déchets, l’année suivante à l’eau, puis à la biodiversité. Le label d’« Eco-Ecole » est une reconnaissance du travail de sensibilisation accompli depuis plusieurs années dans notre établissement.

Adl : Cette année, le thème est l’énergie. Comment ce thème est-il intégré dans les programmes scolaires ?

Sophie Le Carour : Dans la plupart des matières, l’énergie est abordée sous un angle ou un autre. Par exemple,

  • en physique, la production de l’électricité est au programme,
  • en cours de technologie, les élèves vont construire une maquette d’éolienne,
  • en histoire-géographie, ils abordent le développement durable,
  • en fin d’année, pour synthétiser les travaux accomplis dans les différentes matières, les élèves seront amenés à évaluer l’efficacité énergétique du Collège.

Adl : Dans ce contexte, que vous a apporté l’animation interactive “défi EcoWatt”, proposée par EcoWatt Bretagne ?

Sophie Le Carour : Les élèves ont été très surpris d’apprendre que la Bretagne était une « péninsule électrique ». Un des élèves m’a confié qu’il avait « ouvert les yeux sur la situation énergétique de la Bretagne ».
En fait, ils étaient peu conscients des difficultés liées à l’usage de l’électricité (transport, stockage…). Le kit ludo-pédagogique  “défi EcoWatt”, conçu par EcoWatt Bretagne, propose des mises en situation concrètes de la vie de tous les jours, et cela nous a aidé à donner une réalité aux problématiques énergétiques.

Grâce au jeu de questions-réponses du kit, les élèves se sont aussi familiarisés avec les « chemins de l’électricité ». Ils ont appris à identifier les différents types de pylônes électriques, le nombre de kilomètres de lignes en France et la valeur de la tension fournie par une centrale électrique. Ils savent désormais également que la Bretagne ne produit que 8% de son électricité !

Les élèves ont ensuite été mis face à différentes situations de la vie quotidienne et devaient identifier les bons gestes pour économiser l’énergie. Par exemple, ils ont découvert qu’il ne fallait pas mettre une casserole chaude au réfrigérateur, ni disposer d’objets devant les sources de chauffage. Ils sont aussi appris qu’il fallait ouvrir les rideaux durant la journée, éteindre les appareils en veille (car ils représentent 10% de la consommation électrique des ménages !)…

Les élèves sont particulièrement sensibles aux mises en situation. En fait, ils sont très demandeurs de telles activités participatives. Ils se montrent curieux et réactifs.

Adl :  Depuis cette activité, avez-vous eu des retours de vos élèves ? Ont-ils changé quelques-unes de leurs habitudes ou partagé leurs expériences autour d’eux… ?

Sophie Le Carour : Après les différentes activités menées en classe, beaucoup d’élèves reviennent nous voir et nous disent qu’ils ont modifié leurs comportements. Certains nous expliquent qu’ils éteignent leurs appareils électroniques plutôt que de les mettre en veille. D’autres ne ferment plus les volets durant la journée. Enfin, un des élèves est venu nous raconter qu’il ne laissait plus sa musique allumée lorsqu’il sortait de sa chambre.

Le plus étonnant est de voir beaucoup d’élèves qui tentent maintenant de sensibiliser leur entourage, leurs parents en particulier.

Un groupe d’élève a d’ailleurs décidé de créer son propre kit pédagogique à destination d’élèves du primaire. D’ici à la fin de l’année, ils iront à leur tour promouvoir l’éco-responsabilité et le développement durable. La relève s’organise !

Le réseau électrique en Bretagne :

Voir aussi le site : EcoWatt bretagne

 

A propos du kit ” Défi EcoWatt” : élaboré spécifiquement pour les jeunes de 8 à 12 ans, ce kit repose principalement sur la mise en place d’une animation ludique et pédagogique. Il est destinée à les sensibiliser à la démarche EcoWatt, et plus généralement à la question de l’alimentation électrique de la Bretagne.

En savoir plus sur la démarche EcoWatt :

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Un commentaire pour “EcoWatt : les jeunes bretons sensibilisés aux économies d’énergie”

  1. C’est devenu une habitude : pointer du doigt l’insuffisante production électrique de la Bretagne, agiter le grelot du risque de panne, et souligner avec des airs entendus que son refus des centrales nucléaires ne l’empêche pas de consommer l’électricité nucléaire des autres…

    Passons sur les capacités de décision prétendument dévolues à la Bretagne. La France suréquipée qui, selon le dossier de presse de RTE, a produit 549 milliards de kilowatts-heures en 2008, et n’en a consommé que 486, n’aurait pas dû devoir importer les 46,6 milliards de kwh qui lui ont manqué pour passer l’hiver ! Des kwh mendiés par la France qui lui coûtent beaucoup plus cher que ceux qu’elle vend le reste de l’année. Les choix français du toutnucléaire et du chauffage électrique – intimement liés – ont conduit à cette situation.

    La Bretagne n’en est pas responsable.

    A propos des “insuffisances” de la Bretagne, qui ne produirait que 8 % de l’électricité qu’elle consomme, observons que les chiffres cités pour la “Bretagne” concernent la seule Bretagne résiduelle (c’est-à-dire sans la Loire-Atlantique).

    Or, de l’aveu même des commentateurs publics inspirés par EDF, 30 % de la consommation de cette Bretagne-là est fournie par la centrale électrique de …Cordemais en Loire-Atlantique ! Ce qui porte déjà la part produite à 38 % de la consommation considérée. En tenant compte de la production de Cordemais consommée en Loire-Atlantique, on reste loin des “insuffisances” annoncées.

    Alors que l’Ile de France ne produit effectivement que 8 % de l’énergie électrique qu’elle consomme, vous ne lirez
    jamais une ligne pas plus que vous ne visionnerez 10 secondes de reportage pour en informer le public. Et vous pouvez toujours chercher à vous renseigner sur les projets d’implantation de centrales électriques dans la région “capitale”, ce n’est pas à l’ordre du jour, c’est tout juste bon chez les ploucs.

    Ces quelques précisions apportent un éclairage indispensable sur le caractère de la campagne intéressée que nous subissons. En toute hypothèse, nous n’avons pas à être désignés comme bouc émissaire par les responsables des choix qui sont réellement en cause. D’autant qu’il existe des solutions alternatives.

    Ainsi, sachant que le chauffage électrique d’une maison fait appel à une dizaine de KW en moyenne lorsqu’il fonctionne à pleine puissance par grand froid, il suffirait de convertir 40 à 50 000 des chauffages électriques de ces maisons pour “effacer” les 400 MW qui manquent en heure de pointe. Et sachant qu’environ 500 000 ménages bretons sont actuellement équipés en chauffages électriques, il suffirait seulement que 10% d’entre eux changent de mode de chauffage… quitte à aider ces ménages à hauteur de 40 à 50% de leurs investissements. Cela coûterait ainsi deux fois moins cher que la construction d’une centrale gaz de 400 MW.. Le tout électrique n’est plus de saison ! Une calorie issue d’une électricité produite à partir du gaz naturel (cf le projet de centrale de Guipavas) coûte, à la production, 2,5 fois plus cher qu’une calorie produite par la combustion directe du gaz !

    Il faudrait exposer les données du problème et les solutions alternatives auprès des plombiers chauffagistes, dans les Chambres des métiers et dans les six Centres de Formation des Apprentis des métiers du bâtiment de Bretagne afin de contrer cette propagande. Le secteur du bâtiment en Région Bretagne a perdu 5.000 emplois en 2009 et devrait en perdre encore 2.500 en 2010, d’après le Président régional de la Fédération du bâtiment, M. Yves Le Normand. 90 entreprises bretonnes ont mis la clé sous la porte. Alors qu’attendent donc l’État mais aussi l’exécutif du Conseil régional pour lancer dès maintenant un grand chantier régional en faveur des économies d’électricité ?

    C’est en effet le rôle de la Région puisqu’elle est en charge de l’apprentissage, dont celui des métiers du bâtiment. Il serait également opportun de faire un autre geste à destination des professionnels du bâtiment en concentrant l’aide de la Région sur les travaux de conversion vers des modes de chauffage plus économes et renouvelables plutôt que de participer au financement d’une centrale électrique à gaz inutile et contraire aux ambitions d’une industrie bretonne des énergies marines.
    Nous n’avons pas besoin de plus d’électricité, nous devrons de toute façon en consommer moins à l’avenir, mais plus intelligemment.

    C’est à cette condition que la Bretagne, aujourd’hui victime des choix de l’État et de l’industrie nucléaire de l’électricité, pourra prétendre imiter le modèle écossais (réduction de 42% des émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2020). D’autant que les conclusions du Sommet des négociations sur le climat de Cancun insistent, tant pour atteindre les objectifs du Millénaire que pour limiter sérieusement les émissions de gaz à effet de serre, sur le fait que les collectivités villes et Régions sont le bon niveau pour réaliser des plans d’actions intégrés : entre autre la qualité de construction et les économies d’énergie dans les bâtiments, ainsi que le développement des énergies renouvelables.

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