Electric art : des pylônes œuvres d’art à Amnéville-les-Thermes

Sculptures Source : pylônes haute tension à Amnéville-les-Thermes

Elena Paroucheva est plasticienne, d’origine bulgare. Son style, Electric art, réinvente le monde de l’électricité, avec un regard d’artiste et de femme. A l’occasion de son exposition au CIGRE 2010, à Paris, elle nous fait découvrir un monde d’acier revisité.

Elena Paroucheva, Electric Art Electric Art s’est d’abord intéressé aux réseaux électriques, il pose aujourd’hui son pinceau sur les éoliennes ou les installations urbaines qui composent nos paysages.

Pour en savoir plus sur ce style, le blog Au-delà des lignes a rencontré Elena Paroucheva à son exposition du CIGRE 2010 (Conseil International des Grands Réseaux Electriques).

Elle nous explique sa démarche :  « L’homme a laissé des traces tout au long de son histoire. Ces traces composent notre mémoire, symbolisent une époque. Les réseaux électriques en font partie. J’ai envie de les sortir de l’anonymat, de les faire vivre différemment.

Elena Paroucheva, Electric ArtLes avez-vous déjà observés depuis un train ou en marchant dans les champs ? Je les vois géants, qui avancent d’eux-mêmes, se promènent, dansent… Le paysage se découpe derrière eux, et leur infrastructure crée un rythme graphique. Ces jeux visuels servent mon inspiration pour transformer ces structures d’acier en œuvres d’art.

Egalement, j’ai envie de rendre visible l’énergie, qui se dégage des pylônes. Elle vibre dans l’air et nous permet d’avoir un café chaud chaque matin, et de la lumière quand on veut.

Parlons de la sculpture Source par exemple : cette œuvre monumentale représente 4 pylônes haute tension en robes de couleur. J’ai utilisé les lumières vives, rouge et orange, pour représenter l’électricité. Et je les ai associées au bleu et au blanc, symboles de pureté et d’eau. C’est ainsi que j’ai représenté l’univers d’Amnéville les Thermes : source d’eau thermale et site sur lequel passe la ligne de transport d’électricité “Amnéville-Montois la Montagne” (avec les pylônes de l’oeuvre Source).

Mon univers est en fait très contrasté, très vif et très doux. Au quotidien, dans mon atelier, je jongle avec cette diversité, et c’est l’envie de tester qui me guide. Je me sers de matières velours, dans lesquelles le métal et l’acier s’enfoncent. J’utilise aussi le bois peint, et j’intègre des fragments dans les sculptures. Parfois aussi, les matières métalliques jouent entre elles.

Dans la sculpture « Mélina » en particulier, j’ai recyclé des lettres de l’enseigne bulgare Cacaobarry, qui sont tombées une fois l’entreprise fermée. C’était il y a environ deux ans, un moment extrêmement fort.
Ces traces d’une histoire, je les ai associées à d’autres, comme le pylône. Lui aussi symbole d’une époque. Et de là, j’ai imaginé une nouvelle création.

Je m’attache à ce qui nous entoure. Créer, c’est un peu laisser une trace dont on est fier, et qui en dit un peu plus sur notre identité culturelle. L’art transmet une part de notre mémoire, avec la pâte de l’imaginaire. »

Electric art, par Elena Paroucheva en images

Source, « sculpture haute tension »
Pylône haute tension RTE (225 000 Volts) à Amnéville-les-Thermes (Moselle).
Design : Elena Paroutcheva.

  • Elena Paroucheva, Electric Art, Pylone Source4 pylônes de 27 et 33 mètres de haut
  • 48 câbles par pylône
  • 3 km de câbles en acier
  • 525 m2 de toile synthétique
  • 576 tubes en inox
  • 384 fixations


Elena Paroucheva, dates clés

  • née le 10 août 1959
  • étudie à l’Ecole d’Art Déco et des Beaux-Arts en Bulgarie
  • 1982 –83 : 1ère exposition à Sofia sur la mythologie (peinture)
  • 1990 : 1ère exposition à l’étranger, à Genève (peinture)
  • 1991 : arrivée à Paris, fonde son atelier,
    elle enseigne les arts visuels et l’histoire de l’art aux adultes et aux enfants
  • 1990’s : expositions à Paris, New-York, Singapour, Pays-Bas…
  • 2004 : création de « Source », 4 pylônes en œuvre d’Art à Amnéville avec RTE
  • 2008 puis 2010 : expose au CIGRE à Paris


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4 commentaires pour “Electric art : des pylônes œuvres d’art à Amnéville-les-Thermes”

  1. Sujet original et très intéressant!

    [Répondre]

  2. Au dela des pylones electriques, je pense que l`electricite est le plus grand mystere artistique que Dieu ait cree…

    Elle est dans l`air l`air lorsqu`on claque les doigt, ou lorsqu`on se frotte les mains.

    Elle est dans l`air lorsque deux coeurs battant a l`unisson sont attires par le champs electrique de l`amour.

    Et le pylones…

    Quelle majeste;

    Quelle beaute;

    Quelle volupte, lorsque par un soir d`ete elle enlasse la campagne de ses cables gorges d`energie…

    ( Mon clavier est Anglais…SVP.)

    [Répondre]

  3. Moi aussi j’ai toujours trouvé un certaine majesté, voire même un côté rassurant dans ces fameux pylônes, d’ailleurs souvent on les voit dans des films ou des clips vidéos, et on s’en rend même pas compte. Mais alors là, bravo pour ta poésie, Jean-Paul, on sent le vrai fan ! A quand la ballade des pylônes ?

    [Répondre]

  4. La ballade des pylones, je la fais tous les jours,lorsque je me promene dans les rues de mon village, le nez dans les airs et le coeur charge` d`electrons…

    Je vous invite a` cette ballade pleine de reves et de vie…
    (…clavier toujours anglais…SVP).

    [Répondre]

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