Les entrailles très haute tension de Paris, au XXIème siècle
Voici un portrait très haute tension de Paris au XXIème siècle. La capitale dévoile sa face cachée… unique et insolite. Découvrez le réseau RTE construit en boucle autour de la capitale : une structure unique au monde ! Puis, des postes électriques en bâtiment jusqu’aux galeries souterraines à très haute tension, entrez « sous Paris ».
Si le réseau à haute et très haute tension de RTE, en Ile de France, était un schéma, ce serait deux boucles électriques à 400 000 et 225 000 volts. Celles-ci encerclent Paris afin de sécuriser son alimentation en électricité. Une organisation du réseau unique au monde ! Pour compléter ce dispositif, des liaisons souterraines à très haute tension partent en radiales, depuis la boucle en 225 000 volts. Elles acheminent l’électricité à l’intérieur de la ville.
Si le réseau RTE francilien était des chiffres, on dirait :
- 28 postes de transformation, situés en périphérie parisienne (voir schéma ci-dessus).
- 38 postes sources, installés à Paris même. On les appelle « postes sources » car ils abaissent la tension de l’électricité de 225 000 volts en 20 000 volts. Ce sont les points de jonction entre le réseau de transport et le réseau de distribution.
Si le réseau RTE parisien était une réalisation innovante, ce serait… le poste source de la Muette (Paris 16ème). Tout dernier poste électrique construit à Paris (2003), il transforme la tension de l’électricité de 225 000 à 20 000 volts.

Poste électrique de la muette, Paris 16ème
Comme beaucoup d’autres postes électriques en ville, ce poste source ressemble à un immeuble classique. Dans son sous-sol, il abrite notamment des installations « sous enveloppe métallique ». Cette technologie permet de diviser par 3 l’espace occupé par rapport à un poste électrique aérien.
Si le réseau RTE parisien était un lieu spécifique, ce serait… les galeries souterraines. Elles parcourent en tout 20 km sous les rues de Paris : c’est une exception parisienne ! Chaque galerie a l’avantage de loger plusieurs dizaines de câbles THT, installés sur des tablettes. Et son accès immédiat permet des interventions de surveillance et de maintenance beaucoup plus aisées.
Le saviez-vous aussi ? Au total, aujourd’hui, les entrailles électriques parisiennes, galeries et tranchées, dissimulent 200 km de liaisons souterraines à 225 000 volts.

Poste THT à Issy-les-Moulineaux (92) : agent RTE contrôlant une galerie de câbles 225 kV, ©Alexandre Sargos/RTE
Si le réseau RTE parisien était une technologie moderne, ce serait… le câble à isolation polyéthylène réticulé : 3ème génération des câbles à isolation synthétique, utilisé depuis une dizaine d’années. Ce type de câble THT est remarquable par sa fiabilité mécanique, sa résistance aux hautes températures et sa légèreté (âme en aluminium).
Si le réseau RTE parisien actuel souffrait d’une avarie, ce pourrait être… un incident lié à un chantier urbain au-dessus d’une liaison souterraine THT. Lors de travaux de voierie par exemple, malgré les plans qui répertorient les réseaux électriques souterrains, il arrive qu’une pelleteuse ou un engin accroche accidentellement un câble. Cette agression externe peut fragiliser ou détériorer complètement le câble THT.
Si on parlait des experts du réseau RTE parisien actuel, on présenterait… les câbleurs. Bien distinct des câbliers, constructeurs de câble, les câbleurs travaillent à la maintenance des câbles électriques HT et THT. En France, ils sont aujourd’hui moins de 40 spécialistes à entretenir et réparer les câbles souterrains HT et THT ! A notre époque, il faut dire combien le savoir faire du câbleur est large : ce technicien est capable d’intervenir sur tous types de matériels, anciens de 60 ans ou de toute dernière génération. Pour acquérir ses compétences, un câbleur a souvent une première expérience de câblier, et/ou se forme par compagnonnage auprès d’autres câbleurs expérimentés.

Poste THT à Issy-les-Moulineaux (92) : agent RTE contrôlant une galerie de câbles 225 kV, ©Alexandre Sargos/RTE

Galerie de câbles 20 kV du poste 225/20 kV à Paris (75) : RTE contrôlant une galerie de câbles 225 kV, ©Alexandre Sargos/RTE
En savoir plus sur le réseau souterrain THT à Paris :







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dans la galeries de câble le technicien risque vraiment rien si prés des cables
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Bonjour Bellini,
Nous comprenons votre question. Soyez rassuré, les risques pour un technicien dans une galerie électrique souterraine, sont maîtrisés.
Les câbles souterrains, à la différence des câbles aériens, sont recouverts d’une gaine isolante. Par mesure de sécurité aussi, ils ne doivent pas toucher le sol. En plus, tout technicien, opérant sur des câbles THT en souterrain, reçoit au préalable une formation sur les risques électriques.
Enfin, s’il s’agit d’une intervention pour réparation, le technicien doit demander une habilitation technique et les câbles électriques sont alors mis hors tension. En outre, le technicien doit respecter de nombreuses mesures de sécurité, tel que le port de vêtements techniques (gants, casques,…). Si le technicien doit opérer un contrôle visuel sur l’état d’un câble, ce dernier n’a pas besoin d’être mis hors tension. Le technicien peut circuler prudemment dans les galeries souterraines.
Julie.
vraiment impressionnant, on ne se doute pas de ce qui passe sous nos pieds!
Cela montre une véritable volonté d’ergonomie énergétique loin des poteaux de nos campagnes.
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Bonjour, vous parlez de “plans qui répertorient les réseaux électriques souterrains”. Je suis curieux de savoir par où ils passent, savez-vous si ces plans sont disponibles quelque part en ligne ?
Merci
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