Des infos météo aux prévisions consommation d’électricité, avec RTE

Météo France fournit à RTE ses prévisions de température et de couverture nuageuse pour les heures et les jours à venir. Comment le prévisionniste électrique démêle-t-il tout ça pour estimer la consommation à venir ? Xavier Peysson, chargé de prévision de la consommation d’électricité chez RTE, nous en dit plus. Attention, dans ce billet, on en apprend autant sur son métier que sur nos façons de vivre
Au-delà des lignes : Quelle est l’importance des données Météo dans les prévisions de consommation d’électricité ?
Xavier Peysson : Les données Météo sont primordiales pour établir nos prévisions de consommation d‘électricité ! La météo est un facteur très impactant, et aussi très fluctuant.
Ainsi, la consommation d’électricité en France est fortement influencée par la température. Les variations de consommation d’électricité s’expliquent notamment par l’usage d’appareils électriques, lié à la saison : chauffage électrique, éclairage, climatisateur ou ventilateur… Par exemple, en hiver, chaque degré Celsius en plus, ou en moins, entraîne une variation, en plus ou en moins, de la consommation à la pointe d’environ 2300 MégaWatts (MW). Soit l’équivalent du double de la consommation d’électricité de la ville de Marseille. En été, cette variation à la pointe est d’environ 500 MW par degré, en plus ou en moins.
Par ailleurs, l’éclairement naturel est source de fluctuations de la consommation d’électricité : si le ciel s’obscurcit brutalement, on va allumer la lumière et de là, augmenter sa consommation d’électricité. A l’inverse, si l’ensoleillement est bon, il réduit le besoin en éclairage électrique. Il chauffe aussi les bâtiments à travers les parois vitrées, ce qui diminue l’usage des chauffages électriques. C’est pourquoi il faut prendre en considération la part de ciel occultée par les nuages : la nébulosité. Celle-ci se mesure en octa (0 pour un ciel dégagé jusqu’à 8 pour un ciel couvert).
Le saviez-vous ? Le coefficient de variation de la consommation d’électricité, à cause de la température ou de la nébulosité, s’appelle le gradient.
Adl : Concrètement, comment intégrez-vous les données météo France dans vos prévisions de consommation d’électricité ?
XP : Toutes les heures, je reçois informatiquement des trains d’information météo ! Je calcule d’abord les écarts de température et de nébulosité entre les jours et semaines passés, et le jour étudié. Ensuite, j’en déduis l’évolution de la consommation d’électricité entre les jours et les semaines passés et le jour étudié*. Enfin, j’élabore les premières hypothèses de prévision de consommation d’électricité.
Le saviez-vous ? Pour cela, j’utilise un logiciel de prévision, qui intègre toutes les données météo, les historiques de consommation d’électricité et des modèles statistiques (incluant le gradient).
Adl : Comment affinez-vous les hypothèses de prévisions de consommation d’électricité ?
XP : Au-delà des calculs, il est souvent nécessaire d’apprécier les données brutes en se mettant à la place des consommateurs. La température ressentie est parfois très différente de la température mesurée.
Par exemple en hiver : si l’impression de froid est plus importante, elle peut induire davantage de consommation d’électricité que les calculs ne le laissent présager !
Quand les températures sont basses, l’impression de froid peut être plus importante selon qu’il y ait du vent ou non, que l’air est humide ou non.
Par ailleurs, à cause de « l’inertie rapide des comportements » (à distinguer de « l’inertie longue des bâtiments ») l’impression de froid peut augmenter, et donc la consommation d’électricité aussi. Concrètement, en hiver, si je sors de chez moi et que je ressens une impression de froid, je vais à mon retour, augmenter la température de mes radiateurs… même si la réalité objective de la température dans mon habitation ne l’impose pas.
Enfin, pour certains, lorsqu’il fait froid depuis longtemps, il y a un phénomène d’accoutumance aux températures basses. Ils ne réagissent plus de la même façon à ses variations, et leur consommation d’électricité n’augmente plus autant par degré en moins. A l’inverse, d’autres y sont très sensibles et sont amenés, lorsque leur installation de chauffage arrive à saturation, à se procurer des équipements d’appoint. Par la même, ils augmentent leur consommation moyenne d’électricité.
Tous ces phénomènes méritent d’être appréhendés le plus précisément possible. C’est ensuite seulement, que je peux finaliser les prévisions de consommation d’électricité sur 48 points de la journée étudiée (c’est-à-dire pour chaque demi-heure).
L’expérience du métier et la connaissance des situations, contribuent donc beaucoup à l’élaboration des prévisions de consommation d’électricité.
En savoir plus sur la météo et la consommation d’électricité en France :
- Des infos météo aux prévisions conso, avec Météo France
- Equilibre électrique : qui le prépare à l’avance ?
- Portrait de la consommation d’électricité française
*Le calcul des prévisions de consommation d’électricité intègre aussi les évolutions liées à l’activité économique et domestique du pays, ainsi que les effacements contractualisés.



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Cela mérite une étude de comportement sur l’effet d’annonce de météo et la consommation d’électricité.
En effet, beaucoup de personnes font la température de leur maison avec les prévisions météo, ils ne savent pas que météo france peut avoir 24 heures de décalage entre l’annonce de la météo et la réalité.
Pourquoi ne pas encourager à sortir voir la vrai météo du ciel, regarder le thermomètre pour allumer son chauffage plutot que d’allumer avec les infos télévisées sans mettre le nez dehors.
Yves Dénos
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