Lignard : prévenir et maîtriser les risques du métier

Pose de balisors sur la ligne aérienne 63 kV Serre Ponçon - Ventavon. Agent RTE en intervention. ©ROUX Lionel/RTE 2011
Installer un matériel en hauteur, remplacer une cornière métallique d’un pylône, vérifier un câble depuis une nacelle suspendue à un hélicoptère… Les missions du lignard sont diverses avec, au 1er plan, la maîtrise des risques. Ainsi, l’entretien des 100 000 km de lignes HT ou THT du réseau de transport d’électricité suppose des connaissances techniques… mais aussi vigilance et maîtrise des règles de sécurité. Un représentant des formateurs RTE, ancien lignard, Serge Revertegat, nous en parle. Au-delà des lignes : Quels sont les principaux risques liés au métier de lignard ?
Serge Revertegat : Comme tout opérateur de matériel électrique, le lignard est exposé aux risques liés à la proximité des lignes électriques. En particulier, des précautions sont à prendre pour éviter la formation d’un « arc électrique » ou d’une « châtaigne » lorsqu’on s’approche près des câbles. Par ailleurs, le lignard est exposé à un risque spécifique à son activité : la chute de hauteur.
ADL : Quels moyens utilise le lignard pour prévenir les chutes de hauteur ? 
SR : Tout nouveau lignard apprend à utiliser la “ligne de vie”. Ce matériel est composé de corde, harnais et mousquetons spécifiquement développés pour les monteurs qui opèrent sur les pylônes de ligne aérienne à haute et très haute tension.
Ces dernières années, on constate qu’aucune chute ou accident de hauteur n’a été déclarée. Depuis l’instauration de la ligne de vie, ce sont plutôt les accidents au sol qui sont devenus plus fréquents pour les lignards (foulure de cheville, glissade sur des dénivelés).
ADL : La sécurité du lignard dépend donc de la bonne utilisation de son matériel. Y-a-t-il d’autres éléments cruciaux ?
SR : La préparation du chantier, en amont, est déterminante. Avant chaque intervention, le lignard, chargé des travaux, organise et planifie l’opération : repérage de la topographie du terrain, vérification des matériels utilisés, poids exacts à soulever… Cette phase permet l’évaluation des risques. A ce propos, dans nos formations, nous mettons l’accent sur :
- les « efforts sur les structures », autrement dit les calculs nécessaires au remplacement d’un matériel lourd, comme le montant d’un pylône ;
- la direction de travaux, dans laquelle la coordination de l’équipe et le respect des consignes par le groupe sont longuement abordés.
ADL : Concernant le travail en équipe, pouvez-vous nous en dire plus ?
SR : Le Responsable d’équipe des lignards supervise le travail de son groupe. Il attribue les chantiers à un ou plusieurs chargé(s) de travaux, selon l’importance des opérations. Il faut en général 7 ans d’expérience à un lignard pour passer chargé de travaux, et encore autant pour devenir Responsable d’équipe.
ADL : Quels autres aspects spécifiques du métier, le lignard doit-il connaître pour assurer sa sécurité ?
SR : Dans certains cas, les lignards sont embarqués à bord d’une nacelle, portée par un hélicoptère, pour réparer le réseau ou poser un équipement. Ce type d’interventions nécessite une bonne connaissance des règles aéronautiques et consignes pour guider le pilote de l’hélicoptère, par contact radio permanent.

Pose de balises avifaunes à l' aide de l' hélicoptère sur la ligne 225 kV Bacalan-Bruges (Gironde) : agents RTE en intervention depuis une nacelle. ©FOLLET Etienne/RTE 2011
Autre exemple : pour préparer leurs interventions, les lignards doivent acquérir des notions de géomètre. Ainsi, au cours de stages topographiques, nous leur apprenons notamment à vérifier la hauteur entre les câbles et le sol (ou entre le câble et un chemin, une construction). Ils effectuent aussi des relevés de paramètres, vérifient le réglage d’un câble…
ADL : Les préparations « théoriques » sont-elles aussi importantes pour les lignards, que les interventions terrain ?
SR : Au quotidien, le plus souvent, les lignards sont sur le terrain. Etre lignard suppose d’aimer travailler à l’extérieur, par tous les temps. Certains travaux sont parfois un peu physiques même si ces métiers se sont « mécanisés ». De nombreux systèmes, par exemple, aident à soulever des matériels lourds. D’autres activités moins physiques demandent de l’attention et de la rigueur comme le maintien de la connaissance du patrimoine sur les outils informatiques, et au travers de visites régulières.
En parallèle, dans nos formations, nous insistons sur l’aspect théorique de l’activité, qui joue un rôle clé en termes d’efficacité et de sécurité sur le terrain.
ADL : Quels conseils ou messages, voudriez-vous donner à des jeunes intéressés par ce métier ?
SR : On le répète à tous nos lignards en formation : prendre le temps de réfléchir avant chaque geste ! Un réflexe essentiel pour la sécurité. Plus globalement, il s’agit d’un métier passionnant et ouvert à de nombreux profils, du BEP au BTS pour les jeunes recrues.

Pose de balisors sur la ligne aérienne 63 kV Serre Ponçon - Ventavon (Hautes Alpes). ©ROUX Lionel/RTE 2011
En savoir plus sur l’activité de lignard :
- La plaquette sur les métiers de maintenance des lignes électriques aériennes
- Sécurité des personnes près des lignes électriques
- A vélo sur les lignes !
- L’activité des lignards en vidéo
- Un véhicule tout terrain pour les lignards du Béarn
- Les lignards vont chercher 3 cigogneaux nichés sur un pylône
- Câbleur du réseau souterrain à haute tension, un savoir faire unique en France
En savoir plus sur la ligne de vie :
En plus des cordes et connecteurs (mousquetons) qui permettent le travail des lignards en hauteur, la ligne de vie comprend un dispositif d’ancrage et de blocage de la corde. Il permet de limiter la hauteur de chute. Une longe avec absorbeur d’énergie fixée au harnais, elle, réduit la force du choc subi en cas de chute.



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Faire un reportage sur les lignards, personnel de RTE, c’est bien mais il ne faudrait pas oublier les lignards des sous-traitants qui installent les lignes : ils sont en effet beaucoup plus exposés car ils interviennent dans des conditions naturellement dangereuses qui nécessitent une expertise fine des opérations de montage, de déroulage dans des délais souvent serrés.
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je suis d’accord avec MICHELET.actuellement lignard je suis bien placé pour vous dire que nous sommes délaissé de tous ( aux infos ils parlent que de RTE…)
Pour ce qui est de la dangerosité: je ne vois pas ce qui est dangereux quand RTE vient changé un boulon ou une cornière!!. Nous faisons tous le travail de A à Z chez les sous-traitant.
Taqiyeddine
Travaillant à RTE en temps que lignard, je n’arrive pas à comprendre pourquoi tu dis que les lignards des entreprises sous traitantes sont beaucoup plus exposés??? Les règles de sécurité sont les mêmes que l’on soit RTE ou non. Nous faisons le même métier, dans des conditions climatiques souvent difficiles, le froid, le chaud, le vent, la neige, sous la pluie, etc… Alors pourquoi se démigrer entre nous ?
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je ne pense pas qu’il denigre.il y aurai tellement de chose a dire.Toutefois il faut bien admettre qu etre lignard chez rte et dans une societe privee sont 2 choses differentes.Le travail est different , les moyens sont differents, et peut etre aussi la reconnaissance du travail.Et c est peut etre ce qu a voulu relever nore ami Michelet.Pour etre parti en depannage d urgence a bordeau et il n y a pas si longtemps a Tarascon,je me suis promis de rester chez moi au chaud la prochaine fois.Avec tout le respect que je dois au pesonnel de RTE il y a vraiment 2 monde different pour un meme metier
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Je pense comme MICHELET, travailler à RTE, entreprise oh combien reconnue, et chez un sous traitant, n’est pas tout à fait la même chose, Certe, le travail est sensé être le même, mais les conditions de travail sont quelques peu différentes, (sans parler des salaires, mais ça, c’est une autre histoire…)
Ceci dit, quelle que soit l’entreprise, “chapeau bas Messieurs” et merci à vous, car sans vous, pas de lignes, et donc pas d’électricité,
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Bien sûr que je ne dénigre pas l’entreprise publique mais je souhaite seulement que l’on fasse également un reportage objectif chez les sous-traitants. J’ai bien connu cette profession entre 1960 et 1981; je ne pense pas que la situation ait beaucoup changé. Je suis curieux de savoir comment la situation a évolué depuis par des témoignages recueillis sur le terrain.
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Michelet, nous retenons l’idée !
Témoignages à suivre,
julie