Sous les lignes électriques, nouveau refuge pour les abeilles ?

Par Julie Rédactrice animatrice du blog
Jacques Kemp (à droite) et d'autres apiculteurs

Jacques Kemp (à droite) et d'autres apiculteurs

Le Syndicat des apiculteurs en région parisienne, en partenariat avec RTE, réfléchit actuellement à l’opportunité d’implanter des ruches près des lignes. Jacques Kemp, Président de ce syndicat, nous apporte son éclairage.

Adl : En quoi les terrains aux abords des lignes peuvent-ils constituer un cadre de vie favorable aux abeilles ?
Jacques Kemp :
Ce que nous espérons pour les abeilles, c’est qu’il y ait suffisamment de plantes mellifères aux abords des lignes pour leur apporter du bien-être. En effet, une abeille est en bonne santé, si elle se nourrit d’une diversité de plantes. Sinon, elle souffre de carences. Si on veut apporter ce qu’il faut aux abeilles, il y a un travail à faire avec les botanistes pour favoriser le développement de ces plantes sur ces terrains.

Adl : Comment va se passer cette collaboration ?
JK : Il faut identifier les plantes qui seront ensemencées sur les terrains, avant l’installation des ruches. Selon la composition des sols, le climat des régions et les conditions d’élagage près des lignes, les botanistes proposeront un programme de plantations d’espèces végétales.
Ce projet est une expérience privilégiée. Apiculteurs, botanistes et experts environnement de RTE vont travailler ensemble. Tous sont des spécialistes, et ils font profiter les autres de leur compétence.

Adl : La diversité des plantes, c’est la condition première pour un projet mellifère…
JK : C’est indispensable, d’autant que les abeilles domestiques, celles que les apiculteurs élèvent, ne sont pas les seules dans la nature. Les plantes mellifères vont aussi profiter aux abeilles sauvages !

Hôtel pour abeilles : le rucher des abeilles sauvages

Hôtel pour abeilles : le rucher des abeilles sauvages

Adl : Quelle est la spécificité d’une expérimentation mellifère près des lignes ?
JK : D’autres projets se lancent pour développer des ruchers, notamment aux abords des routes ou des voies ferrées. Mais une expérimentation à cette échelle-là est très nouvelle ! Tous ces hectares sous les lignes, ça représente une manne de plantes mellifères pour nos abeilles.

Adl : Concrètement, qu’attendez-vous de ce projet expérimental ?
JK : Pour nous, c’est important de trouver de nouvelles solutions pour faire vivre les abeilles. Depuis dix à quinze ans, sur le territoire français et européen, un changement complet de l’environnement menace leur existence. Ainsi, les champs disposent de moins en moins de haies, les monocultures ou les traitements sur ces cultures se sont multipliés… Ces évolutions ont enlevé une partie de la diversité en nectar et pollen dans la nature. Elles ont donc appauvri la nourriture des abeilles et fragilisé leur santé.

Investir les terrains sous les lignes, c’est une initiative essentielle. Un suivi scientifique permettra d’analyser les résultats de ce projet. De la qualité de la flore sous les lignes à la santé des abeilles, jusqu’à leur production en miel.

Ruchers en région parisienne

Ruches des abeilles domestiques

Adl : En tant qu’apiculteur, comment évaluez-vous les résultats d’une telle expérience ?
JK : La production de miel par les abeilles est un premier indicateur. Si on obtient 10% de production de miel en plus, grâce à de nouvelles expérimentations, ce sera déjà très significatif !

Le « meilleur-être des abeilles » est encore plus important pour nous. En ouvrant les ruches notamment, on pourra se rendre compte de leur bonne santé.

  • Si les abeilles sont populeuses, c’est signe que la colonie se développe.
    Il faut compter environ 30 000 abeilles par ruche en début de saison (avril), jusqu’à 100 000 en saison (mai à août).
  • On observera aussi le couvain, soit le nombre d’œufs.
    Une reine pond, en moyenne, 1500 œufs par jour pour qu’une colonie soit forte.
    Indispensable puisqu’une abeille vit seulement 5 à 6 semaines (en saison) !
Ouvrir les ruches pour observer les abeilles

Ouvrir les ruches pour observer les abeilles

En savoir plus sur les abeilles :

La biodiversité sous les lignes :

L’entretien de la végétation près des lignes :

Partager l'information :
 

8 commentaires pour “Sous les lignes électriques, nouveau refuge pour les abeilles ?”

  1. pour info : la photo utilisée en bandeau ne présente pas des abeilles, mais des bourdons sauvages….
    Que dire de l’ insertion de plantes melliferes dans un biotope dont elles ne sont pas endémiques ?
    Quel est le cahier des charges mis en place pour cette pseudo ” expérience ” ?….
    Sinon, c’ est une belle idée des services de communication de surfer sur la vague ” apiculture en danger “… reste à verifier la pertinence de cette initiative d’ ici 3 à 4 ans ( temps de remerage naturel moyen d’ une ruche )…. Ce projet pourrait fort bien générer des conclusions qui ne seraient pas celles escomptées à priori par RTE…
    à suivre

    [Répondre]

  2. Aimons les abeilles, non seulement pour leur miel mais aussi comme co-productrices de fruits et delégumes, elles sans qui disparaîtraient 80% de nos ressources alimentaires… Plutôt que de décourager les bonnes volontés ou de jouer les oiseaux de mauvais augure, saluons toute action en leur faveur, chacune d’elles étant une initiative on ne peut plus heureuses! Sait-on que le miel peut se conserver pour une durée allant jusqu’à… cinq cents ans! On sait aussi que dans l’ancienne Égypte, il servait à l’embaumement des morts et à leur conservation. Ces insectes au corps minuscule, dont la durée de vie n’excède pas 45 jours, ont donc la capacité de fabriquer un produit moins périssable que tout ce que l’industrie agro-alimentaire humaine a pu inventer jusqu’à ce jour! Édifiant, n’est-ce pas? Je me souviens combien nous étions fascinés, enfants, lorsque l’institutrice nous racontait l’histoire des abeilles… Signer Isabelle en réaction à un article traitant des abeilles, on ne peut pas rêver mieux, n’est-ce pas ? L’énigme du jour, je vous la pose: pourquoi? Sachant que vous la connaissez certainement déjà et que vousavez tous répondu, je me permets de vous poser maintenant une question beaucoup plus sérieuse: avez-vous remarqué que les dictionnaires ne répertorient aucun mot pour définir les gens qui,comme nous, aiment passionnément les abeilles? L’éducation au respect des richesses de la nature passe aussi par les mots, qui sont énergie, et en trouver un digne de porter le drapeau de la passion pour la sauvegarde de nos chères petites, n’est pas chose facile. Avec une amie, Anne, nous avons eu beau chercher partout, nous n’avons rien trouvé de convaincant: “abeillophile”, déniché au hasard du Web, c’est facile, pas cher,et ça ne rapporte rien ni à la langue française, ni à la poésie qu’il y a dans le fait d’être amoureux de ces petits êtres si ardents au travail pour le bien de l’ingrate humanité qui non seulement ne rend pas aux abeilles une parcelle du bienfait qu’elles lui donne, mais encore a fini par réussir à se faire croire que les abeilles avaient besoin d’elle pour ne pas disparaître! Bienvenue au royaume des pompiers pyromanes, ce monde à l’envers où Homo Sapiens Sapiens, loin de mériter le nom ronflant qu’il s’est attribué par usurpation d’identité, est devenu fou au point de scier en toute quiétude la frêle branche sur laquelle il est assis? Ce monde qui ne sait même pas comment appeler ceux qui aiment les abeilles pour de vrai! Donc, on la dit, “abeillophile”, ce n’est pas beau et ça ne marchera pas. “Apicophile”, pourquoi pas, mais mon amie et moi-même avons l’intuition que ce n’est pas encorela bonne formule. Alors, la nature ayant horreur du vide, Anne a décidé que le mot magique, il fallait l’inventer. Et comme sa grande fille se prénomme Melissa, et que le substantif latin Melis signifie “petite abeille” (désignant donc l’abeille ouvrière), eh bien, bonnes gens, désormais, un amoureux des abeilles, qu’il soit apiculteur ou seulement défenseur de leur cause, sera appelé “méliophile”. Nous avons d’ailleurs décidé (et telle est aussi la raison pour laquelle je publie ici ce message), de parrainer une ruche via le site “un toit pour les abeilles”, afin entre autres, de donner une réalité concrète à notre passion pour ces chères petites travailleuses de l’ombre. Méliophiles nous sommes, méliophiles nous resteront, et chiches qu’afin de faire accepter ce mot des lexicographes et même des académiciens, partout où on aime les abeilles, on le fera entrer dans l’usage en le propageant comme la meilleure et la plus douce des épidémies. Vive les abeilles, et vive les… méliophiles!

    [Répondre]

  3. Au Canada (Quebec) les champs électriques et magnétiques n’ont pas le même impact qu’en France ?

    http://www.hydroquebec.com/developpementdurable/champs/faune-flore.html

    [Répondre]

  4. L’avis du Senat

    http://www.senat.fr/rap/r09-506/r09-50647.html

    [Répondre]

  5. Les abeilles du rucher école n’ont pas résistées aux ondes, voir l’article…

    http://www.lavoixdunord.fr/region/les-abeilles-du-rucher-ecole-de-la-cahc-n-ont-pas-jna34b0n543246

    [Répondre]

  6. J’ai quelques ruches, depuis le début 2012, sous une ligne THT, (à proximité du pylone.)Je me pose donc des questions à la vue des articles contradictoires… Est-ce que mes colonies vont survivre ???

    Cette année beaucoup d’essaimage et peu de production, mais la “saison apicole” n’est pas terrible du point de vue météo…

    A suivre…

    [Répondre]

    Suite à différentes conversations avec des apiculteurs professionnels, ils m’ont tous attesté qu’il était fortement déconseillé d’installer des ruches sous les lignes à haute tension car ils ont constaté qu’il y avait :

    - une très faible production de miel
    - beaucoup d’essaimage
    - beaucoup d’abeilles qui s’entretuaient
    - beaucoup de pertes hivernale

    En même temps, si cela fonctionnait vraiment, des ruchers seraient deja implantés sur ces terrains vague et souvent riche en biodiversité.

    Salutations apicoles

    Miguel Vercruyce

    Bonjour michel bolle,

    la question de la santé des abeilles sous les lignes THT revient fréquemment sur le blog. Vous trouverez toutes les informations nécessaires en allant consulter le bulletin blog suivant, en bas de la page, dans les commentaires : http://www.audeladeslignes.com/prairies-fleuries-sous-lignes-tht-abeilles-seine-marne-15287

    Bonne journée
    Julie

Laissez un commentaire

Les commentaires sont visibles après validation. Quant au contenu des commentaires (véracité, objectivité ...), il n'engage que leur auteur.

> Respectez la charte des commentaires

Copyright © 2009 - RTE - Contact - Mentions légales