Lignes haute-tension en souterrain à Echirolles

Par Julie Rédactrice animatrice du blog

Le quartier ouest de la ville d’Echirolles.

1,2 km de lignes et 7 pylônes ont disparu du paysage à Echirolles (Isère). Une partie de la ligne haute tension 63 000 volts a été mise en souterrain. Deux responsables de la ville nous racontent ce projet.

Michel Goizet, adjoint à la voirie, aux espaces verts et au patrimoine bâti pour la ville d’Echirolles

« A la construction de la ligne haute-tension, Echirolles était un village. La présence de celle-ci dans un cadre rural était acceptable. A partir des années 80, elle s’est révélée incompatible avec le développement de la ville.

En effet, Echirolles est devenue la 2ème ville d’Isère après Grenoble. Autour de la ligne, le quartier s’est développé jusqu’à rassembler 10 000 habitants. La ligne le traversait ainsi de part en part. Elle surplombait des bâtiments publics et une école maternelle, passait à une dizaine de mètres de grands immeubles d’habitation.

Dès les années 2000, la ligne haute-tension a été au cœur des discussions de la ville. L’adjoint à l’aménagement urbain et celui chargé des finances de la ville ont cherché des solutions avec les experts, pour réaménager le quartier ouest. Objectif : améliorer les conditions de vie des habitants.

C’est en 2007 qu’à l’initiative de la ville d’Echirolles, une convention de cofinancement est signée avec RTE. Celle-ci prévoit la dépose puis la mise en souterrain d’une partie de la ligne haute tension. Puis, le montage du cofinancement et la résolution des points techniques ont donné lieu à une concertation de plusieurs années entre la ville et RTE. Aujourd’hui, nous avons ensemble atteint notre objectif : la ligne est tombée ! Quand on voit le quartier, on a même du mal à imaginer la ligne qui, hier, passait à travers. Pour nous, c’est un partenariat constructif qui a permis d’aboutir à ce résultat.»

 

Philippe Picochet, ingénieur responsable de la voirie et des travaux pour la ville d’Echirolles

« Le rôle de notre équipe était d’accompagner les experts RTE tout au long des travaux. Nous leur avons apporté notre connaissance des lieux et des sous-sols, et nous avons aussi facilité leurs relations avec les autres exploitants et partenaires. Tous les jours, nous étions sur le terrain. Grâce à ces échanges, le chantier s’est très bien déroulé !

Lors de la mise en souterrain en particulier, nous avons résolu ensemble deux points techniques difficiles. Il a fallu faire passer la ligne sous une chaussée lourde : large de 40 mètres et bétonnée sur 60 cm dans le sol ! C’était d’autant plus délicat que le sous-sol lui-même était déjà très encombré par les réseaux (eau, gaz pipe de produits chimiques…). En plus, nous avons dû faire passer la ligne sous une voie de chemin de fer, située dans un sous-sol géologiquement difficile (ancien lit du Drac).

Par ailleurs, tout au long du chantier, nous avons aussi tenu les habitants informés. Nous leur avons notamment expliqué que la nouvelle ligne souterraine ne suivait pas le tracé de l’ancienne ligne aérienne. D’où des travaux à différents endroits. Ainsi, ils ont mieux accepté la gêne occasionnée, surtout l’encombrement des rues et les difficultés de circulation.

Aujourd’hui, nous n’avons plus les lignes devant les yeux, ça nous paraît à tous si naturel ! Le paysage de la ville y a beaucoup gagné. Je crois d’ailleurs que tous les habitants ne se rendent pas bien compte de la chance qu’ils ont. Quand on connaît toutes les étapes de négociation et de validation du projet, quand on a suivi le chantier sur place, on mesure davantage la chance d’avoir pu mettre la ligne en souterrain. C’était un très beau projet, mais c’était aussi un très grand projet. »

 

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