Nappe et Muguet : deux pylônes THT

Par Julie Rédactrice animatrice du blog

Deux pylônes THT architecturalement différents : Nappe et Muguet. Ces pylônes THT soutiennent tous deux les câbles, qui transitent l’électricité sur le territoire français. Mais l’un est de forme tubulaire, et l’autre constitué de treillis métalliques. Décryptage de leur architecture.

Zoom sur Nappe et Muguet, deux pylônes THT observés sous les lignes électriques, dans la forêt Notre-Dame (Val de Marne), le 10 juin dernier, avec :

  • Stéphane Favier, directeur du réseau RTE dans l’Est parisien
  • Bruno Salvi, ingénieur patrimoine pour RTE dans l’Est parisien

Vous distinguez ses oreilles de chaque côté ?

C’est le pylône Nappe, qui avec ses 4 pieds et ses barres en acier qui s’entrecroisent. Il appartient à la famille des pylônes Treillis. Ce sont les pylônes les plus classiques et les plus utilisés sur le réseau de RTE. Ils sont moins coûteux et plus faciles d’entretien que les autres.

Le pylône Nappe de la liaison Morbras-Villeneuve (photo ci-dessus) est doté d’un seul circuit électrique. Vous apercevez 3 câbles dits « de phase », qui s’alignent à gauche, au centre et à droite. Ils permettent de faire transiter l’électricité (courant triphasé, un câble par phase). Au-dessus d’eux, fixés sur les oreilles : les 2 câbles de garde. Ils servent à recevoir les éventuels impacts de foudre à la place de la ligne électrique THT, et à améliorer la mise à la terre des pylônes.

Astuce pour distinguer les câbles de phase des câbles de garde : les premiers sont reliés au pylône par des chaînes d’isolateurs.

>Tous les autres pylônes de la famille Treillis: Autheuil, Anjou, Chat, portique, Beaubourg, double drapeau, triangle, Rhodon, Trianon. Ils peuvent supporter 1 ou 2 circuits.

Il a la forme d’un brin de muguet ?

Monopode, le pylône Muguet, a la silhouette plus élancée que le pylône Nappe. Il fait partie des pylônes architecturés. Conçu dans les années 80, il est notamment utilisé afin d’intégrer le pylône dans un environnement sensible ou pour réduire son emprise au sol.
Il faut savoir que les pylônes Muguet coûtent 5 à 8 fois plus cher que les pylônes Treillis. Ils sont aussi plus difficiles d’entretien (vous vous en rendez compte à vue d’œil : il est plus facile pour un lignard de monter au pylône Treillis qu’au pylône Muguet).

L’apercevez-vous aussi ? Le pylône Muguet est doté de 2 circuits électriques.

Ainsi, de chaque côté du pylône, vous reconnaissez 3 câbles de phase l’un au-dessus de l’autre, et 1 câble de garde au-dessus.

Quel pylône voyez-vous de plus loin ?
– Le pylône Muguet.

Oui, l’emprise au sol de Muguet est 15 fois moins large que celle du Nappe ! Cela dit, la hauteur du pylône Muguet est plus grande (près de 2 fois plus grande). Son impact visuel est ainsi plus important de loin que celui de Nappe.

Quelle est la hauteur des câbles électriques d’un pylône THT  par rapport au sol ?

Si la hauteur du câble le plus haut peut varier selon le type de pylône, celle du câble le plus bas est, en revanche, toujours la même, quelque soit le pylône.  Celle-ci est fixée par un arrêté technique du 17 mai 2001, qui définit toutes les caractéristiques mécaniques des lignes électriques. Pour une ligne à 225 000 Volts, la hauteur minimale à respecter est de 6,6 mètres (8 mètres au dessus des routes).

Quelle distance sépare les deux pylônes de la végétation avoisinante ?

Dans une tranchée forestière, la distance latérale de sécurité qui sépare chaque pylône de la végétation avoisinante, est d’environ 20 à 25 mètres. Elle est nécessaire pour éviter les risques d’amorçage. Pour la même raison, la ligne électrique respecte une hauteur de sécurité avec la végétation au sol. Au niveau le plus bas de la ligne, cette distance doit être de 5 mètres.

Les pylônes THT restent-ils en bon état longtemps ?

De manière générale, les pylônes THT, comme la Tour Eiffel, n’ont pas réellement de durée de vie programmée. A moins que le réseau doive être renforcé pour répondre à de nouveaux besoins (consommation d’électricité en hausse, intégration de nouvelles énergies…), les pylônes ont vocation à tenir leur rôle en l’état aussi longtemps que possible. Parfois jusque 80 ans ou plus !

L’essentiel, pour entretenir des pylônes THT, est de les (re)peindre dès que nécessaire (en moyenne, tous les 8 à 10 ans). Il faut aussi ponctuellement remplacer les cornières (barres de ferraille). Pour inspecter le réseau et planifier les opérations d’entretien nécessaires, des visites de lignes sur le terrain sont régulièrement menés par RTE.

C’est un peu différent en ce qui concerne les câbles électriques : ils ont absolument besoin d’un check-up tous les 60 ans. Il faut les expertiser voire les remplacer, afin d’éviter les échauffements liés à la corrosion.

En savoir plus sur l’architecture des pylônes électriques THT :

En savoir plus sur les métiers du réseau THT :

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3 commentaires pour “Nappe et Muguet : deux pylônes THT”

  1. Une vraie misère ces pylônes muguets pour les monteurs, je peux en témoigner.

    [Répondre]

  2. Bonjour,
    quelle architecture privilégiez-vous quand vous devez faire transiter plus de 3 phases : un seul gros pylone bien chargé ou bien plusieurs petits pylones à 3 cables ? Car du côté de palaiseau, où foisonnent les pylones, j’ai remarqué que vous utilisiez alternativement les deux solutions. Et au final, bien charger un édifice semble avoir un impact visuel plus faible (pylone chat à 6 fils par exemple, plutôt qu’un pylone “sapin”).
    Bravo pour votre blog, bonnes contiuations.

    [Répondre]

    Oui, thec 16, il est tout à fait possible d’alterner pylônes avec plusieurs ternes (=système de 3 lignes) et pylônes à simple terne (= avec 1 seule ligne).
    Voici quelques éléments de réponse du point de vue purement technique :
    Si plusieurs lignes empruntent le même tracé, il est parfois plus pratique de les installer sur un même pylône. Quand les tracés se séparent, on peut revenir à des pylônes à simple terne.
    Du point de vue de la maintenance et de la sécurité du réseau, il est plus simple de consigner (=déconnecter du réseau) une ligne seule sur pylône, qu’une ligne sur un pylône à plusieurs ternes. De même, le risque de coupure est réduit si on sépare chaque ligne, puisque chacune est alors liée à différents pylônes au lieu d’un.
    Un type d’architecture n’est pas privilégié en soi. Cela dépend des situations.
    julie

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