Pourquoi la consommation d’électricité française domestique augmente-t-elle ?
La croissance de l’énergie consommée sous forme d’électricité, ralentit depuis les « Trente glorieuses ». La consommation d’électricité des foyers français, elle, continue d’augmenter. Devant le secteur tertiaire, c’est aujourd’hui le premier poste de consommation d’électricité en France.
Facteurs démographiques
La population française est en croissance régulière, et cela impacte naturellement la consommation d’électricité résidentielle.
Plus particulièrement, l’augmentation du nombre de ménages est deux fois plus rapide que celle de la population. Parce qu’elle entraîne de facto l’augmentation du nombre de logements, elle provoque aussi la hausse de la consommation d’électricité domestique française.
Le nombre d’habitants par logement baisse (2,3 personnes par ménage en 2008 contre 2,6 en 1990). Cette évolution atteste du vieillissement de la population et d’un changement des modes de vie. Citons par exemple, une proportion de plus en plus grande de personnes vivant seules, ou de familles mono-parentales.
Développement des usages électriques
La croissance de la consommation d’électricité résidentielle est liée au développement important de nouveaux usages. Nombre d’entre eux ont émergé avec l’essor des technologies de l’information et de la communication, et sont dépendants de l’électricité pour leur fonctionnement. Font ainsi partie de notre quotidien : smartphones et autres téléphones mobiles, tablettes, écrans LCDs, PC portables… Bientôt parlerons-nous aussi des véhicules électriques, qui font lentement irruption dans nos villes.
Quel est l’effet du chauffage électrique ?
Les années 2000 ont vu le chauffage électrique (essentiellement par convecteur) s’installer activement dans les logements neufs. Il faut dire aussi qu’à cette période, le prix des énergies fossiles était en forte hausse. Qui plus est, le marché du logement neuf était alors très dynamique. La consommation du chauffage résidentielle a donc connu une croissance significative.
Notons que désormais la réglementation thermique 2012 sur le parc immobilier neuf1, n’incite plus à l’installation de chauffage électrique par convecteur.
Par ailleurs, d’autres solutions de chauffage électrique, plus performantes, se sont développées dans l’ensemble des logements. On veut parler des pompes à chaleur.
Le saviez-vous ? Fonctionnant sur le même principe qu’un réfrigérateur, une pompe à chaleur capte la chaleur extérieure (dans l’eau, l’air ou le sol) pour la restituer à l’intérieur de la maison. La pompe à chaleur représente un exemple de transfert d’usage d’une énergie fossile, comme le gaz, vers l’électricité.
Depuis 2008, la crise économique et la réduction des incitations fiscales ont ralenti l’essor des pompes à chaleur.
En un mot…
L’application de la réglementation thermique et une meilleure efficacité énergétique des appareils électriques auront à l’avenir un effet à la baisse sur la consommation d’électricité des ménages.
Cet effet devrait toutefois être largement contrebalancé par la croissance du nombre de ménages, par le développement des pompes à chaleur (en lieu et place des anciens modes de chauffe) et par l’augmentation du nombre d’appareils électriques.
Au final, quoique moins vigoureuse que par le passé, une hausse de la consommation d’électricité domestique française devrait perdurer.
Pour en savoir plus, consultez le Bilan Prévisionnel 2012 de l’équilibre offre-demande d’électricité en France (pages 30 à 32).
A propos : 1. La Réglementation Thermique 2012 (RT 2012) limite les consommations du chauffage, de la production d’eau chaude sanitaire, de l’éclairage, de la climatisation et de la ventilation à 50 kWh d’énergie primaire par m² et par an en moyenne (selon les logements). Le facteur de conversion d’un kWh électrique en kWh primaire étant de 2,58, ce seuil de consommation équivaut à 19,3 kWh/m²/an d’énergie finale pour l’électricité. Cette réglementation s’applique aux logements résidentiels à partir du 1er janvier 2013.




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Bonjour,
L’analyse de l’évolution des consommations régionales présente également un grand intérêt, notamment s’il s’agit de mettre en place des plans d’action locaux pour la maîtrise de la demande. Jusqu’à l’an passé, RTE publiait sous forme d’un pdf les statistiques annuelles sur les données de la consommation par grand secteur : grande industrie, PME/PMI, particuliers, professionnels,etc. par région. Cette année, par souci de transparence, les données nationales sont mises à disposition sous la forme d’un fichier excel. Mais pour accéder aux données régionales, il faut utiliser un lien qui renvoie à un graphique, très intéressant du reste. Mais du coup, il n’est plus possible de récupérer simplement les tableaux statistiques pour l’ensemble des régions et des secteurs (en tout cas, je n’ai pas trouvé comment faire). RTE peut-il svp fournir de nouveau ces données avec un accès beaucoup plus direct ? Merci d’avance…
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Quel est l’impact des pompes à chaleur sur les courbes de consommation électrique ? Que se passe-t-il quand il fait très froid l’hiver ? Ces pompes fonctionnent-elles encore, sinon avec quelle énergie les ménages se chauffent-ils dans ces moments là ? Autrement dit, ces pompes posent-elles un problème pour le réseau électrique quand il fait très froid ?
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Bonjour
Les pompes à chaleur sont des sources d’énergie renouvelable puisqu’elles puisent l’énergie de l’air ambiant pour réchauffer les logements, c’est bien la première qualité écologique de ces équipements.
En revanche, utilisant de l’électricité pendant les périodes hivernales, elles contribuent (heureusement dans une moindre mesure que les équipements de chauffage électrique classiques comme les convecteurs, etc.) à la pointe.
L’avenir sera sans doute aux systèmes hybrides (bi-énergie) permettant un basculement vers une source de chaleur alternative lors de vagues de froid (chaudière gaz par exemple), juste pour passer ces pointes…
Je suis très préoccupé par le poids du chauffage électrique lors des pointes hivernales.
La sensibilité “thermique” est en France de 2300 MW/°C alors qu’elle est en Allemagne de 500 MW/°C.
Durant l’hiver 2012, l’appel de puissance à la pointe était de 102 GW en France (65 millions d’habitants) alors qu’elle n’a pas dépassé les 80 GW en Allemagne (85 millions d’habitants). Ayant vécu en Allemagne, je sais par expérience que les Allemands se chauffent soit par les réseaux de chaleur municipaux, soit par le fioul et un peu le gaz, les convecteurs électriques directs étant quasiment interdits.
De ce fait si la France continue à promouvoir le chauffage électrique direct, il faut prévoir les moyens de production adaptés, c.a.d. 1GW de chauffage exige 1 GW de puissance suppléméntaire sur le réseau THT de RTE : ici je simplifie un peu car il y a toujours du foisonnement.
Enfin l’exemple du Québec est à analyser attentivement, car il y a beaucoup de chauffage électrique avec des températures hivernales de -20°C et un parc hydraulique (90% de l’énergie fournie) installé essentiellement dans la baie James à 1500 km de Montréal.
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