Le réseau haute tension parisien, de 1920 à nos jours

Par Julie Rédactrice animatrice du blog

Pose de câbles électriques haute tension en tranchée souterraine.

Après les travaux d’Haussmann pour construire des égouts, des canalisations d’eau et de gaz, Paris s’équipe d’un réseau électrique. La fée électricité accompagne alors le développement des industries, des transports et des activités de la capitale. En parallèle se développe un réseau souterrain THT qui achemine cette énergie jusqu’au cœur de Paris. Découvrez Cent ans de haute tension électrique à Paris

Si on retenait une date de l’histoire du réseau RTE en Ile de France, ce serait : 1921. Pour la première fois, on parle de « réseau » souterrain à haute tension. Des lignes électriques à 63 000 volts entourent alors Paris. Elles relient les usines thermiques d’Ile de France et des postes électriques éloignés entre eux.

Si on retenait un lieu de l’histoire du réseau RTE parisien, ce seraient… les pavés parisiens. Dans la première partie du XXème siècle, le « roi du pavé » est une charrette à cheval dédiée à la livraison des câbles HT. Ceux-ci sont enroulés sur un touret, la grosse bobine en bois, que l’on voit à gauche de la photo ci-dessous.

Livraison en charrette à cheval de câbles HT et THT, enroulés sur un touret.

Et sous les pavés parisiens ? Invisibles, les câbles électriques haute tension sont installés dans des galeries et des tranchées souterraines.

Galerie souterraine avec câbles HT et THT installés sur tablettes.

Dans une tranchée souterraine parisienne...

Si l’histoire du réseau RTE parisien retenait une réalisation, ce serait…  le passage des obstacles. Car les sous sols de Paris réservent des surprises ! Il faut parfois que les câbles électriques souterrains passent sous la Seine, sous les égouts, les ponts, les voies ferrées ou le métro… Pour cela, selon les sols, on utilise les techniques du micro-tunnel, du forage dirigé ou du fonçage.
Le saviez-vous ? L’obstacle le plus important à franchir à Paris, fut le boulevard périphérique. Au total, il est traversé 20 fois par des câbles électriques souterrains.

Si l’histoire du réseau RTE parisien retenait un schéma, ce serait… la constitution d’un câble haute tension souterrain. Une prouesse industrielle par excellence !
Si les matériaux ont beaucoup évolué, la  technologie, la fabrication du câble, elle, est issue d’un savoir-faire unique et pérenne. De l’âme à l’isolant jusqu’à la gaine, il faut imaginer la superposition des couches qui composent le câble. Celles-ci sont parfaitement calculées et positionnées l’une au-dessus de l’autre. Le tout sur une longueur de  1000 mètres par portion de câble. Chaque jonction fait ensuite l’objet d’un minutieux travail, pour que le câble puisse s’étendre sur plusieurs dizaines de km.

Si l’histoire du réseau RTE parisien retenait une technologie, ce serait celle de… l’isolant du câble HT souterrain. L’évolution de l’isolant fait l’évolution du câble. D’abord en papier imprégné d’huile pour éviter sa dégradation, l’isolant devient synthétique dans les années 60. C’est un tournant majeur dans l’histoire des technologies.

Si l’histoire du réseau RTE parisien retenait un chiffre, ce serait… 86 ans. L’âge du doyen des câbles souterrains haute tension à Paris. Il est toujours en bon santé !

Si l’histoire du réseau RTE parisien retenait un métier, ce serait… celui de câbleur électrique à haute et très haute tension.
Il appartient au génie civil de creuser les tranchées ou les galeries souterraines, puis de poser les câbles électriques. Les câbleurs, eux, sont les spécialistes de l’entretien des câbles HT et THT. Ce métier spécialisé est apparu avec le développement du réseau haute tension, dans les années 1920. Si au début, les missions des câbleurs consistaient à réparer les avaries, celles-ci ont évolué à partir des  années 1970. Elles ont alors inclus la surveillance préventive des câbles souterrains, ce qui a permis de considérablement réduire le nombre d’incidents. Depuis près de cent ans, l’expertise du câbleur se transmet d’homme à homme, de technicien en technicien. Depuis l’apparition du métier et jusqu’à aujourd’hui encore, le métier de câbleur ne s’apprend pas à l’école mais sur le terrain.

Crédits photos : Archives CNER(RTE), Jicable, Archives EDF, archives Prysmian.

En savoir plus sur le réseau souterrain THT à Paris :

 

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