Tour du monde des pylônes architecturés, des années 60 à nos jours

Invité : Bernard Dalle Expert CIGRE

Pylône architecturés, lignes THT, urbanisme, infrastructure, RTE

Pylônes « artistiques » de la ville de Vaasa et d’Espoo (Finlande) © RTE/CIGRE

Ni révolution ni science fiction, les pylônes architecturés sont des solutions innovantes sur un plan esthétique, en lien avec la culture d’un pays. Fruits d’un travail original de conception et de construction, ils servent aussi, bien entendu, à soutenir les câbles THT qui transportent l’électricité. De l’Argentine à la Suède, du Japon au Canada, la recherche et développement en matière d’architecture électrique à très haute tension, partage avec vous quelques perles de son histoire.

Solutions compactes

Considérés comme essentiels, les premiers pylônes ont été construits pour le transport d’électricité : privilège des sociétés modernes. Après les années 60, les lignes électriques doivent de plus en plus cohabiter avec les villes.

Les pylônes architecturés se dotent ainsi de formes plus élancées : simples, fines et symétriques. Monopodes, pylônes haubanés en V, portiques…  viennent illustrer le besoin de réduire le nombre d’éléments. L’essentiel : réduire l’encombrement au sol… en ville et en forêt notamment.

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De gauche à droite : Monopole Support (Brésil), Portal Guyed (Suède)

Créations inédites

Au fil des années, le besoin en électricité se fait toujours croissant, il faut acheminer toujours plus de puissance. En parallèle, une conscience environnementale grandit au niveau mondial, qui étudie l’impact des milliers de km de lignes déjà construites, sur l’environnement.

Ainsi, au cours des années 90, ce sont les contributions de 17 pays qui permettent de proposer de nouveaux projets de lignes. Chaque support architecturé est conçu pour mieux s’intégrer dans le paysage, tout en répondant à des critères techniques et économiques.

  • Des solutions esthétiques particulières pour un lieu exceptionnel ou une ligne spécifique.
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De gauche à droite : Jyvaskylan (Finlande, 1998), pylône de la ville de Turku (Finlande, 1990), pylône de la ville d’Helsinki (Finlande)

Certains pylônes architecturés, sur des lignes spécifiques, conjuguent compacité de la ligne, originalité du matériau (exemple : le bois) et mise en peinture, voire éclairage dédié.

  • Des exemples de pylônes esthétiques standards.

Pour exemple, la Fougère et le Roseau : résultats d’un concours d’architectes-designers en 1994, en France.

Pylône architecturés, lignes THT, urbanisme, infrastructure, RTE

De gauche à droite : Pylône Fougère et Roseau, France, 1994

« Sculptures urbaines »

A partir des années 90, certains architectes voient dans le pylône un objet d’art potentiel. Une vague d’audace et de créativité apparaît, qui fait écho aux préoccupations plus globales des citoyens en matière de paysage.

Le concept de pylône architecturé s’étend alors pour faire se croiser l’industrie et la sculpture. De nouvelles « tours paysagères » voient localement le jour, métamorphosées en « installations artistiques ». Le pylône architecturé se veut objet unique sur-mesure, en réponse à une commande exceptionnelle d’une collectivité, qui en assume alors le coût.

Pylône architecturés, lignes THT, urbanisme, infrastructure, RTE

De gauche à droite : « Source d’énergie », « Eau de source », Amnéville les Termes (France, 2003), artiste Elena Paroutcheva

Un des aspects de ce mouvement esthétique, c’est le design de certains pylônes inspiré d’icônes culturels. Leur géométrie rappelle des symboles de l’histoire, de l’architecture, de la société d’un pays… à l’instar de ces « pylônes pagodes » au Japon (ci-dessous) ou des « tours grand chapeau » au Mexique. Ainsi, un pylône, s’il ne disparaît pas à proprement parler du paysage, prend place dans le patrimoine culturel du territoire.

Pylône architecturés, lignes THT, urbanisme, infrastructure, RTE« ” Pagoda Tower ”  (Japon)

A propos : Si l’élaboration de supports architecturés est réservée aux lignes à très fort enjeu environnemental, la préoccupation esthétique n’en demeure pas moins présente pour tous les projets. L’analyse des sites et le choix des supports les mieux adaptés tiennent compte de l’environnement de l’ouvrage pour tous les projets.

En savoir plus :

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Photos © RTE/CIGRE

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13 commentaires pour “Tour du monde des pylônes architecturés, des années 60 à nos jours”

  1. Bonjour,

    Pour moi, il y a une erreur dans la photo du Japon… C’est bien un toit en pagode, mais pas de ligne électrique en vue, c’est simplement le “Heian shrine” de Kyoto.
    Dommage, j’aurais bien aimé voir un de ces pylônes (que je n’ai pas eu l’occasion de voir au Japon).

    [Répondre]

    Bonjour Philippe,

    Merci pour votre lecture attentive ! L’erreur vient de la légende de la photo, le pylône “Pagode” est bien sur l’image de gauche (il ne s’agit pas du pylône mexicain).

    Et vous-autres, que pensez-vous de ces pylônes architecturés?
    A bientôt sur le blog,
    Julie

  2. Très bonne idée de sujet. Un coup de peinture sur ces édifices gris ne permettrait pas d’améliorer significativement l’intégration dans le paysage ? En Suisse, à certains endroits, les pylones sont peints en vert foncé pour les rendre plus discrets.

    [Répondre]

    Louis,
    à propos de peinture de pylônes, connaissez-vous ce projet de peinture photo-luminescente à l’Ile Saint Denis ?
    http://www.audeladeslignes.com/ile-saint-denis-heritage-industriel-urbanite-moderne-ecologique-9727

    Julie

  3. Bonjour,
    Je suis ravie de voir les photos de mes oeuvres ici, parmis les meilleures exemples de pylônes architecturés. Pourriez vous mettre mon nom avec la legende de mes pylônes en robes:
    De gauche à droite : « Source d’énergie », « Eau de source », Amnéville les Termes (France 2003)
    *ajouter: artiste Elena Paroucheva

    Le lien « installations artistiques » ne corresponde pas au site internet qui présente cette oeuvre. Pourriez vous le corriger, faire lien vers http://electric-art.eu/
    Bien à vous:
    Elena Paroucheva – Art Environnemental

    [Répondre]

    Merci Elena !
    nous avons complété l’article blog, et ajouté des liens.
    A bientôt,
    julie

  4. Je suis très impressionné par ces photos, n’ayant encore jamais vu de pylône architecturé, et je me suis promis de bien regarder maintenant ! Le système électrique n’est pas aussi gris que je l’entends dire parfois… Mais une question me vient : vu la taille respectable des pylônes et la densité du réseau (transport + distrib) tel qu’il apparaît sur les cartes, je me demande quelle est sa présence physique globale sur le territoire, son occupation de l’espace en somme. Il y a en plus des questions d’astreinte qui se posent, n’est-ce pas ?

    Cordialement,
    A.

    [Répondre]

  5. Bonjour,

    Je voulais dire emprise (au sol), pas astreinte. Désolé pour le lapsus.

    Mon propos est le suivant : si je traversais une campagne sans aucun pylône ni câble électrique à l’horizon, ce serait sûrement pittoresque, mais pas exactement le pays que je connais : une sorte de France des annés 1950, finalement un peu irréelle, presque un décor de cinéma.
    C’est ce que je veux dire : le système électrique fait partie de l’identité du territoire. Sa stabilité dans le temps (histoire) et surtout son volume concret, l’occupation de l’espace par les infrastructures électriques appartiennent au paysage français.
    100 000 km de réseau de transport multiplié par une quinzaine de mètres d’emprise, cela f

    [Répondre]

  6. …cela fait donc 1,5 km2, à quoi s’ajoute 1 ou 2 hectares par poste (?). Pour tout le système électrique il faut ajouter les 2 M de km de lignes de distribution (emprise ?), la superficie des centrales, barrages, éoliennes, fermes solaires… d’EDF et des autres.

    RTE a-t-il une estimation de ce que ça peut représenter ?

    Cordialement
    Antoine

    [Répondre]

    Bonjour M.Daubet,
    RTE n’a pas réalisé d’estimation de la surface des emprises au sol, liées aux lignes aériennes et aux postes électriques à haute et très haute tension en France, soit les niveaux de tension 400 000, 225 000, 90 000 et 63 000 Volts. (En effet, les infrastructures du réseau de distribution à moyenne et basse tension, et les sites de production d’électricité, ne relèvent pas du périmètre de responsabilité de RTE).
    Cependant RTE s’intéresse à cette question et a lancé une étude à partir de son Système d’Information Géographique. Ce calcul n’est pas simple car il doit prendre en compte les largeurs très variables associées aux types de pylônes et aux niveaux de tension des ouvrages. Votre question nous incite à prioriser cette étude. Nous vous en remercions.
    Julie

  7. Bonjour,
    Sauf erreur de ma part, je n’ai pas reçu de réponse à mon précédent mail !
    Question importante : la distance entre une éolienne de 150 m de haut et une ligne “moyenne tension” de 20 KV est-elle bien de 5 mètres ou ?
    Où peut-on trouver les hauteurs des différents pylônes EDF, notamment ceux de basse et moyenne tension. Les pulônes des lignes de 400 kV font-ils en général 35 m ?
    Merci par avance

    [Répondre]

    bonjour mal-eole,
    nous ne vous avons pas oublié mais vous faites bien de nous relancer. Sachez que notre expert sur les pylônes HT et THT est encore en congés, nous revenons vers vous début septembre sans faute.
    Nous pouvons d’ores et déjà dire que l’ordre de grandeur de la hauteur des pylônes HT ou THT est bien de quelques dizaines de mètres (jusqu’à 50 mètres). Cela dépend essentiellement de leur format et du relief sous la ligne électrique. Il faut, vous le savez, que la ligne respecte une certaine distance de sécurité avec la construction, la végétation ou le sol, qui se trouve dessous.
    Exemples de pylônes HT et THT ici :
    - http://www.rte-france.com/fr/actualites-dossiers/comprendre/les-chemins-de-l-electricite-1/les-pylones
    - http://www.audeladeslignes.com/nappe-muguet-pylones-tht-16294

    pour tout ce qui concerne les pylônes et lignes électriques à moyenne et basse tension (20 000 à 220 volts), nous vous conseillons de prendre contact directement avec le gestionnaire d’un réseau de distribution (ERDF par exemple).
    à très vite,
    julie

    Mal-eole,
    nous avons confirmation de notre expert : 35 m est un bon ordre de grandeur pour les pylônes 400 000 volts. Ceux-ci peuvent atteindre plus de 50 m de haut suivant les besoins.
    A bientôt en ligne,
    julie

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